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Procrastination : un guide à comprendre pour passer à l’action

La procrastination, c’est le fait de remettre toujours les tâches au lendemain. Vous avez un projet important sur lequel vous souhaitez avancer, pourtant, votre cerveau vous dit de passer le reste de l’après-midi à scroller sur les réseaux sociaux ou à chercher une nouvelle série Netflix. Bref, toutes les activités semblent plus importantes que ce dossier qui traîne ! Si ce comportement est bien normal, il peut avoir des conséquences fortes sur la santé mentale ou encore amener une faible estime de soi. C’est un sentiment pénible, qui déclenche un mauvais mood : de la culpabilité, de l’anxiété, du stress, du dégoût.

Alors, comment apprendre à l’apprivoiser pour la surmonter ?

Dans la tête d’un maître en procrastination — Tedx Tim Urban

Ma première révélation, c’est suite au visionnage du TEDX de Tim Urban :

Dans cette conférence inspirante, Tim Urban nous donne sa définition de la procrastination. Pour lui, chacun d’entre nous dispose dans son cerveau, d’un décideur rationnel. Quelqu’un capable de piloter le navire à partir de faits et en suivant les règles. Mais les procrastinateurs disposent également d’un singe de gratification instantanée : cet animal adore prendre le contrôle pour aller chercher ce qui est facile et amusant. Alors, pour matérialiser les choses, nous avons besoin d’une deadline. Cette date butoir a un intérêt : elle réveille le « Panic Monster ». Il s’agit de la seule chose dont le singe ait peur et qui permet au décideur rationnel de reprendre le volant.

Mais alors, comment trouver l’énergie lorsqu’il n’y a pas de deadline ? Nous avons tous dit « un jour, j’écrirai un livre » ou « je ferai le tour du monde ». Mais combien d’entre nous ont réussi à convertir cette bonne résolution en objectif réel ? Dans son TED, Tim présente alors ce qu’il appelle un calendrier de la vie : un tableau rempli de cases qui représente le nombre de mois qu’il nous reste à vivre si nous estimons vivre jusqu’à 90 ans. Cela a pour but de créer un électrochoc, une prise de conscience.

Le calendrier de la vie en mois

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La première fois que j’ai vu cette vidéo, je me suis dit « Eurêka, ce mec est un génie ! ». Puis, j’ai continué à travailler sur ce sujet de la procrastination, de la productivité, du temps. Et quelques années plus tard, je pense que ce n’est qu’une partie du problème. Je vais même aller plus loin : cette méthode peut-être dangereuse : elle implique un rythme effréné à vouloir toujours faire plus de choses, à combler le vide, à se transformer en machines. 

Une question demeure alors : peut-être existe-t-il une autre voie, intégrant nos émotions et nos intuitions pour créer une relation saine avec le passage à l’action ? Une relation où la peur de l’échec ne prend pas toute la place, où le rapport au temps n’est pas seulement du travail à la chaîne, mais bien un espace où l’on cherche en permanence le juste équilibre.

Procrastiner, c’est perdre un temps précieux ?

Récemment, j’ai suivi la formation Double V d’Alexandra MARTEL. Et elle dit une phrase formidable : « Réfléchis-y une minute : si ton temps est ce que tu as de plus précieux, est-ce que tu peux mettre un prix dessus ? Autrement dit, si je te proposais d’acheter un jeans avec ton temps, combien d’heures de ta vie m’offrirais-tu en échange ? »

Cette phrase m’a amené à prendre conscience de toutes les croyances qu’on trimballe autour du temps. Si le temps est le plus important, car le temps c’est de l’argent, alors par effet miroir, la procrastination, c’est perdre son temps et jeter l’argent par les fenêtres. Et la société nous apprend plutôt qu’on doit gagner du temps, car sinon nous ne serons plus dans l’air du temps et le temps presse. Et si nous courons après le temps, c’est bien parce que nous savons que dans quelques années, nous aurons fait notre temps. C’est l’obsolescence programmée.

Je crois profondément que parler de ce symptôme, de tout remettre au lendemain, sans aborder notre rapport au temps, ce n’est aborder qu’une partie du problème. Alors, je vous le demande : 

  • Qu’est-ce qui est si important dans le temps pour vous ?
  • Quel est votre rapport au temps ?
  • Lorsque vous procrastinez, comment vous sentez-vous ? Que vous dites-vous ?

Les causes de la procrastination

Lorsque l’on procrastine, on ne se sent pas bien. Une des conséquences de la procrastination, c’est la culpabilité. Pourtant, si l’on reste dans cette situation, c’est qu’il y a un avantage (l’être humain aime rarement se faire mal sans raison).

Si cette situation n’est pas agréable, qu’elle vous pourrit la vie, qu’est-ce qui fait que vous n’avez pas encore changé ? Bref, quel est le coût de la mise en œuvre ? Et quel est le coût de l’inaction ? 

Procrastiner permet aussi de ne pas se confronter à la réalité, de ne pas prendre le risque d’échouer ou de réussir. Si la procrastination devait vous envoyer un message : quel serait-il ? 

  • Est-ce que cet objectif, cette tâche, ce travail vous motive, vous fait plaisir ou fait sens pour vous ? 
  • Sinon, comment pouvez-vous lui en donner ? 
  • Quelles sont les peurs liées à la procrastination ? Quelles raisons vous poussent à procrastiner ? La peur de réussir ? La peur d’échouer ? De s’affirmer ? D’être légitime ? De lutter contre le syndrome de l’imposteur ? D’être reconnu ? 

Vaincre la procrastination avec la méthode des petits pas

Ce qui peut nous amener à procrastiner, c’est le coût que cela nous demande : l’énergie, la motivation à commencer une tâche et à la continuer sur le long terme. Ici, la méthode des petits pas sera une alliée : visualiser votre objectif en grand. Comment pouvez-vous découper cet objectif en petites étapes afin de le voir progresser tout en allant chercher des résultats plus rapides ?

Par exemple, si vous souhaitez faire une reconversion et que vous devez reprendre des études. Visualisez le jour où vous aurez le diplôme et imaginez les étapes intermédiaires. Par exemple : commencer par démarcher des écoles, mener des enquêtes métiers, lire 3 livres sur le sujet…. Ainsi, vous pourrez cocher les cases réussies au fur et à mesure sans vous épuiser à attendre le résultat final.

Comme nous le montre ce docteur en psychologie, ce n’est pas seulement une question de volonté ou une simple tendance à la mode. Ce phénomène n’épargne personne, que l’on soit en activité ou non. Il faut comprendre l’énergie que nous demande l’écart entre nos idées et nos pensées et la matérialisation concrète dans la matière.

Gérer son énergie pour atteindre son but 

Dans son article « Comment gérer son énergie et pas seulement son temps », Simon Cavé nous présente 4 types d’énergies qui influent directement sur notre comportement.

  • Le bien être physique : le sommeil, l’alimentation, le sport
  • Le bien être émotionnel : la sécurité intérieure, la gestion des émotions, la confiance en nous, les relations avec nos proches
  • L’énergie intellectuelle : se nourrir de connaissances, d’apprentissages, d’expériences
  • L’énergie de motivation : avoir des objectifs, de l’inspiration et des rêves

Si vous êtes fatigué, dans une période de transition, un moment de stress intense peut être aussi que la procrastination vous demande simplement de ralentir, de prendre du recul, de la hauteur et de revenir un peu plus tard, avec plus d’énergie pour ce projet.

Je crois profondément qu’il n’y a pas de comportements inconfortables sans messages. Finalement, surpasser la procrastination, c’est entendre ce qu’elle a à nous dire, et jouer en permanence les équilibristes entre l’écoute de soi et le passage à l’action.

Conclusion : surmonter la procrastination 

Nous avons vu que pour vaincre la procrastination et cesser d’être un maître procrastinateur, il était important de : 

  • Comprendre la cause : peur d’échouer, de réussir, manque de sens, de challenges, ou encore signe de fatigue
  • Estimer le coût de l’inaction : remettre les choses au lendemain rend coupable, stressé et affecte la confiance en soi
  • Avoir une deadline pour réveiller le « panic monster », écrire et planifier vos objectifs est donc nécessaire pour oser agir
  • Découper son objectif en petites échéances afin d’aller chercher des victoires rapides

N’hésitez pas à nous partager votre expérience et les solutions à la procrastination que vous utilisez en commentaires, à nous dire ce qui fait que vous n’arrivez pas à passer à l’action : le reconnaître, c’est déjà faire une grande part du chemin !

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